Blog de Christine

Le tout dernier projet de KA-THEATRE (Octobre/Novembre 2014):
"ICC" Jérémie - Haïti (Inventer, Créer, Construire).
Ceci n'est pas plus qu'un journal de bord qui raconte pas par pas comment ce projet a vu le jour.

El ultimo projecto de KA-THEATRE (Octubre/Noviembre 2014):
"ICC" Jérémie - Haiti (Inventar, Crear, Construir).
Esto no es mas que un diario que cuenta paso a paso como nacio este proyecto.

The latest project of KA-THEATRE (October/November 2014):
"ICC" Jérémie - Haiti (Invent, Create, Construct).
This is not more than a diary that relates step by step how this project saw the light.

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Derniers articles

Posté par le dans Haïti

    En résumé tout ne s'est pas tout à fait déroulé comme je l'imaginais mais je dois dire que ce que nous avons réussi à réaliser, en un temps record, a dépassé mes espérances:

  • création d'une troupe le KRAK-THEATRE qui va être maintenant déclarée officiellement;
  • création d'un spectacle «LES ENFANTS FLEUVE» de Laurent Gaudé avec 19 comédiens.

    Arrivée à Jérémie le 12 Octobre, le 14 début des ateliers Théâtre, le 24 on a commencé à monter la pièce, la première a lieu le 13 Novembre, le 15 je quitte Jérémie pour Port au Prince.

    Les commentaires dans la ville sont déjà très positifs, nous espérons que les répercussions seront à la hauteur de l’enthousiasme qui est né chez tous ce jeunes mais aussi au niveau des gens qui ont suivi le travail et ont vu le résultat.

    Ils souhaitent tous que je revienne le plus tôt possible mais comme je l'ai répété à maintes reprises de vive voix, ce ne sera possible qu' à deux conditions:

  • si la troupe Krak-Théâtre a la volonté de continuer à travailler et en apporte la preuve;
  • si les personnes qui ont «applaudi» leur performance et qui, parce qu'ils sont convaincus que la ville de Jérémie a besoin d'un élément déclencheur comme celui-ci pour y faire revivre une vie culturelle, sont décidés à aider ces jeunes en formant un Comite de Soutien au projet.

    Ces derniers ont promis de les aider à trouver un espace ou ils pourront non seulement entreposer leur matériel mais aussi travailler, c'est à dire animer des ateliers et répéter.

    Nous avons tenté de semer une petite graine qui, nous espérons, pourra germer très vite dans la «Citée des poètes» que fut Jérémie, pour qu'elle redevienne le berceau culturel de la Grand'Anse non seulement au niveau théâtral mais également sous d'autres formes d'art traditionnelles ou contemporaines, telles que la musique, la danse, la peinture, la vidéo, etc...

 

Christine Matos

Le «Ka-Theatre»

le 16 Novembre 2014

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Posté par le dans Haïti

    Dimanche, 9 Novembre. Finalement à cause de la pluie nous avons du reporter l’Assemblée Constitutive pour créer l'Association KRAK-THEATRE de Jérémie. C'est donc aujourd'hui que le Comité d'Administration composé de 5 membres a été élu. Demain on commence à travailler sur les statuts car il s'agit d'une association qui va s’intéresser non seulement au théâtre mais aussi aux autres formes d'art.

    La visite à l’église n'a absolument rien donné en ce qui concerne les projecteurs.

    Entre temps j'ai réussi à trouver deux lampes solaires, cela pourra peut-être nous dépanner un peu mais c'est largement insuffisant. Il ne reste plus que 4 jours pour trouver une solution!

    Mercredi, 12 Novembre : Une super nouvelle, le technicien de l'Institut Français d'Haïti a réussi à réparer le matériel de l'Alliance Française et nous attendons d'un moment à l'autre l’arrivée du bus qui transporte le «dimer» et les projecteurs!

    Hier il a tellement plu que nous n'avons même pas pu répéter, nous travaillons donc aux derniers préparatifs depuis tôt ce matin (les fixations des masques , les coiffes des deux conteurs, la fabrication de torches, etc...). nous croisons les doigts et si ce soir tout se passe bien nous pourrons enfin faire un filage avec toutes les tenues, les masques, les lumières, mais sans pluie je l’espère.

    «Les Enfants Fleuve» sont impatients et moi aussi!

    Jeudi, 13 Novembre JOUR «J»: La première a lieu ce soir.

    D'abord rendez-vous à 16 H pour aller distribuer les derniers tracts, montés sur des motos avec nos masques sur le visage. Le rassemblement se fait devant l’Alliance Française un peu plus tard que prévu car il s'est mis à tomber des trombes d'eau juste avant. Finalement nous partons tous à pied vers le centre ville pour distribuer nos flyers car les prix demandés par les motos-taxi sont exorbitants. Expérience amusante car les gens ne sont pas habitués à ce genre de tractage fait par des personnages portant des masques blancs d'«extraterrestres», c'est le moins qu'on puisse dire!

    Puis il se met à pleuvoir à plusieurs reprises, pleuvoir le mot est bien faible, mais le moral de la troupe est encore «au beau fixe»

    Dans la matinée j'avais fabriqué des porte-gélatine avec du carton, ainsi avec les gélatines de quatre couleurs différentes, amenées de France, on a pu créer quelques ambiances lumière pour la pièce.

    Sur les 6 projecteurs en réparation seuls 5 ont pu être utilisés, l'ampoule pour le 6ème ayant été introuvable à Port au Prince.

    Finalement comme par miracle le spectacle ne commence qu'avec 40 minutes de retard et se déroule jusqu’à la fin, sans trop d'«anicroches». Parce qu'il faut dire qu'en ce moment on est en période de restriction énergétique, par conséquent le courant peut être coupé par EDH (EDF local) à n'importe quel moment! Il y a bien sûr le delco (génératrice) pour dépanner mais à ce moment-là c'est au choix, ou bien ce sont les projecteurs qui fonctionnent ou c'est le système son, mais pas les deux à la fois!

    En tous cas «mes Enfants Fleuve» ont assuré! Espérons que demain ils pourront s’éclater!

    À l'autre bout de l'île Maxime Roumer était, comme il le dit au téléphone, encore plus ému que moi.

    Aujourd'hui on se réunit en petit comité dans la journée pour faire la passation, c'est à dire leur laisser la conduite lumières et musiques du spectacle et bien sur continuer à organiser la SUITE.

    Il y a tellement à faire! En attendant qu'on mette à disposition de Krak-Theatre un espace ou ils puissent travailler, tout le matériel plus des livres et pièces de théâtre que je leur laisse seront entreposés à l'Alliance Française.

    Le Comité d'Administration de KRAK-Théâtre a trouvé le moyen d’élire le bureau qui se compose de:

    Asaphe présidente, Bitchy secrétaire et Stevenson trésorier. Maintenant il ne reste plus qu'à travailler sur les statuts pour les faire adopter en assemblée. A cet effet je leur laisse ceux de mon association pour qu'ils puissent s'en inspirer.

    Vendredi, 14 Novembre: 2ème et dernière représentation (avant mon départ). Tout s'annonce bien il fait beau donc pas de pluie en perspective. Nelson m'a refait la bande son qui n’était pas tout à fait correcte.

    Pas de tractage aujourd'hui car «télé-bouche» après la présentation d'hier doit fonctionner.

    En effet dès 18 H les gens commencent à arriver et s'installent sur les chaises utilisées pour les cours, c'est à dire comprenant des tablettes. Il n'y a pas autre chose. Nous sommes prêts, le "matos" (matériel) est monté, il nous ne nous reste plus qu'à régler les projecteurs dès que la nuit sera un peu tombée. Au moment ou je monte sur la chaise pour régler les projecteurs j'apprends qu'il n'y aura pas d’électricité de la part de EDH de toute la soirée. Catastrophe car sans EDH comme je l'ai expliqué pas de projecteurs, donc pas de spectacle!. Finalement après de longues minutes de discussions et de coups de fil, c'est Maxime qui, depuis Port au Prince, finit par trouver la solution et enfin la 2ème représentation a lieu, cela tient du miracle! Maxime est devenu le «sorcier» sauveur! Public très diffèrent de celui de la veille, beaucoup plus jeune dans l'ensemble mais surtout beaucoup plus nombreux, le bouche à oreille a effectivement bien fonctionné. Depuis bien longtemps l'Alliance Française n'avait pas connu une telle affluence!

    Et la encore: chance, le salut commence et les premières gouttes de pluie commencent à tomber, finalement les dieux étaient avec nous!

    «Mes Enfants Fleuve» sont heureux, ça se voit dans leurs yeux, ça se sent dans leurs conversations. Je le suis aussi, on y est arrivé.

    Le soir une très belle surprise m'attend, ils ont organisé sans rien me dire une fête chez une des comédiennes ou non seulement ils sont tous présents, mais ils ont également invité toutes les personnes qui se sont approchées de nous, intéressées par le projet et qui d'une manière ou d'une autre nous ont aidés dans cette aventure ou sont décidés à apporter leur appui dans le futur.

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Posté par le dans Haïti

    Jeudi 6 Novembre: En début de semaine je prend la décision de fusionner les deux groupes avec lesquels je monte la même pièce. En effet un des deux est très en retard par rapport à l'autre et ne voulant pas le laisser de coté je décide de l’intégrer à celui qui a déjà bien avancé. Finalement ils seront vingt sur scène. Cela provoque quelques remous au début mais très vite l'adaptation se fait des deux cotés. Cette semaine le manque d’électricité, plus notoire que d'habitude, a fait que nous avons souvent répété à la lueur des téléphones portables de nouveau. Tout cela me demande un gros travail de préparation en amont. Mais tous ces jours-ci la plupart des étudiants de l'UNOGA sont en congés on peut donc travailler aussi le matin.

   Heureusement, sinon je ne sais vraiment pas comment on aurait pu y arriver. Bon on aurait présenté seulement une partie du travail.

    A Jérémie il n'y a pas de salle de spectacle à proprement parler, j'opte donc pour la scène en plein air de l'Alliance Française ou nous présenterons «Les Enfants Fleuve» les 13 et 14 Novembre. Mais si la seule préoccupation était le travail de mise en scène et de direction d'acteurs ce serait le pied ! Non il y a bien d'autres « petits problèmes » à régler ! J'ai eu beau m'y prendre à l'avance, je sais que jusqu'au dernier moment il va falloir courir.

    L'Alliance doit réparer ses 6 projecteurs parce que bien sur aucun n'est en état de marche, mais le moment venu le technicien qui doit faire ce travail disparaît de Jérémie. Pas de problème, on s'adresse à un autre, qui se trouve à Port-au-Prince, seulement depuis deux jours il est injoignable au téléphone. Entre temps on découvre que le « dimmer » sur lequel on branche les projecteurs ne fonctionne pas non plus ! Je ne m’inquiète pas outre mesure car on m'a fait savoir que de toutes manières il y en a à l’université. Sauf que aujourd'hui je croise la vice rectrice qui me dit « mais jamais de la vie nous n'avons aucun projecteur ».

    Bon..on peut en louer ? Oui mais uniquement à Port-au-Prince, sauf qu'il faudra aussi louer la voiture et le chauffeur qui les transportera! Donc pas possible. Maintenant j'attends un coup de fil de l’église...(je ne me souviens plus son nom) ou parait-il, il en existe.

    En bref le problème des lumières est loin d’être réglé.

    Le son, à l'Alliance, marche mais je ne l'ai pas encore testé, à moins qu'une autre surprise m'attende! Demain grand jour on doit me livrer 15 masques blancs, les 15 tenues blanches pour Les Enfants Fleuve, la bande son que j'ai préparée et que l'on doit m'enregistrer sur CD, les flyers qui vont nous permettre de faire la pub. Les éléments de décor eux sont arrivés hier. En ce qui concerne le reste des costumes en toile de jute, ce sont les filles de la troupe qui gèrent.

    Je ne vous ai pas dit : le futur groupe s’appellera : KRAK-THEATRE de Jérémie. Il faut dire que le spectacle les deux soirs est prévu a 19H et que depuis une semaine il pleut tous les jours entre 18H et 20H, mais Maxime m'a dit que c’était à cause du front froid et que celui-ci s’éloignerait dans quelques jours. Si ce front se sent bien à Jérémie et bien on est foutu!

    A part çà je suis devenue la reine de l'avocat et du riz, parce que je mange de l'avocat et du riz tous les jours, la reine de la "vache qui rit" c'est mon repas tous le soirs et la reine du taxi moto que je prends à chaque fois pour me déplacer en ville.

    Plusieurs réunions ont été organisées afin que je présente le projet, l'enthousiasme est sans nul doute là, mais je ne cesse de répéter que je ne reviendrai que à deux conditions, la première si les jeunes avec qui j'ai monté la pièce continuent des mon départ à travailler dessus et la deuxième si une structure officielle se met en place. Je ne promets rien mais vraiment je leur souhaite que ce projet voit le jour le plus tôt possible car la ville en a vraiment besoin que renaisse un embryon de culture et pourquoi pas commencer par le théâtre.

    Vendredi 7: Des ce matin la course, rendez-vous à l'Alliance Française pour retrouver Nelson le technicien qui a un studio d'enregistrement en ville. En effet le directeur de radio Montagnac souhaite passer un spot publicitaire pour présenter la pièce qui se joue la semaine prochaine (déjà!), alors je me retrouve devant un micro pour le faire. Ensuite dans la mesure ou c'est ce même Nelson qui a fait la mise en page du flyer, j'ai la bonne idée de lui demander de me montrer si les corrections que j'avais faites deux jours auparavant avaient bien été enregistrées. J'ai eu du nez car aucune correction n'avait été apportée. J'en profite pour modifier également un peu la mise en page.

    Puis commence l'impression mais au bout de 18 feuilles pof, l'imprimante tombe en panne! Pas de problème un jeune démonte tout, sort les cartouches et les recharge d'encre avec une seringue. Puis miracle ça remarche. C'est encore Nelson qui doit me faire la bande son, mais même si je lui ai mâché le travail, le résultat tarde à venir.

    Les 15 masques que j'avais commandés et qui devaient être la hier, n'arrivent qu'aujourd'hui mais ils ne sont pas finis. Le peintre les termine sur place à la maison au beau milieu de mes filles qui par terre cousent leurs tenues en jute pour la pièce et tout ça dans la bonne humeur. Ensuite répétition dans la salle pour notre 2 eme filage, le 1er ayant eu lieu hier.

    Comme l’électricité arrive toujours très tard et que mon CD "musique" n'est toujours pas prêt, j’utilise mon ordinateur et comme on n'entend pas grand chose, je dois me promener au milieu des comédiens avec l'ordi dans les bras pour qu'ils puissent entendre quelque chose ! Mais ce soir un des garçons me prête des speakers que nous branchons sur l'ordi et je n'ai plus besoin de me déplacer, c'est super ! Ce soir ils ont commencé à répéter avec leurs tenues, mais pas toutes car la aussi le travail n'est pas encore terminé.

    Je rentre finalement à la maison et la belle surprise : les chiens ont mangé un des masques qui étaient restés à sécher sur un fauteuil. Je suis furieuse sur le moment! J'ai eu tellement de mal à les obtenir ces masques ! Mais petit coup de fil et en principe demain j'en aurai un autre.

    Coté projecteurs, ça n'avance pas beaucoup. J'ai réussi à rentrer en contact avec le Directeur de l'Institut Français d'Haiti à Port-au-Prince pour qu'il nous aide à travers son propre technicien. Les projos et le "dimmer" sont donc partis ce matin la bas. Ceci dit il y a très peu de chance qu'ils soient réparés à temps, si ils y arrivent.

    Alors attendons demain matin, j'ai rendez-vous à l’église à 8H pour voir ce qu'ils ont. Ensuite au programme : répétition à 10H et on enchaînera à 15H sur l’assemblée constitutive qui va statuer sur la création de la nouvelle association KRAK-THEATRE de Jérémie et désigner son comité directeur.

    Franchement on n'aura pas chômé, quand je pense que cela ne fait même pas un mois que je suis ici !

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Posté par le dans Haïti

   Dimanche le 26 Octobre, comme prévu bonne journée de travail mais, comme on a droit à une grosse pluie tropicale dans l'après-midi, on répète donc tout sur la terrasse de la maison. Chance pour moi, comme il pleut des cordes ils ne peuvent pas bouger et restent tout le temps sur place. On avance donc bien! Le soir avant de nous quitter, mini filage, encore avec les textes en main bien sûr, qui nous permet de parcourir les 5 premières scènes. Récompense: le soir on se retrouve tout le groupe au petit restaurant de l'Alliance Française pour dîner au son du "compas" (rythme haïtien par excellence) et pour discuter.

   Maxime Roumer s'étant déplacé de Port-au-Prince à Jérémie, on discute ces derniers jours à plusieurs reprises au sujet du projet, comment le mettre effectivement en forme, en place. Maxime me met en contact avec Gregory, le directeur de la toute nouvelle radio Montagnac 106.9.

   Lui-même originaire de Jérémie, après une dizaine d'années passées à Montreal, revient ici car il veut, entre autres, appuyer toute initiative cherchant à valoriser sa ville. Donc il tombe à pic. A mon tour je lui présente deux jeunes, Bitchy et Kervens, que j'ai découvert avec le théâtre et qui me semblent très compétents et désireux de s'impliquer dans ce projet culturel. Lui même me parle d'un ami qui possède un petit groupe de 7 personnes à qui il donne des cours de musique et qu'il va me présenter. Entre temps je rencontre un artiste peintre qui va nous confectionner des masques en papier mâché pour la pièce.

   Ah, j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer: nous avons obtenu le droit de monter la pièce. Maintenant, je peux vous dévoiler qu'il s'agit de: "LES ENFANTS FLEUVE" de Laurent GAUDÉ (qui a reçu le Prix Goncourt en 2004.

   Quand j'écris à Laurent, je lui explique qu'à la lecture de sa pièce je trouve beaucoup de résonances haïtiennes et lui demande comment se présentent les droits d'auteur. Sa réponse est immédiate et enthousiaste, il est tout à fait d'accord, pas de frais de droits d'auteur, dans la mesure où il s'agit d'une création haïtienne. De plus il est déjà envouté par Haïti, puisqu'en Janvier 2015 sort chez Actes Sud son prochain roman sur Port-au-Prince. Le hasard veut aussi qu'en Janvier 2013 lors de son premier séjour en Haïti, il avait choisi lui-même ce texte pour en faire une lecture devant un groupe de théâtre à Port-au-Prince. Quelle coïncidence! C'est de bonne augure. Depuis lundi 27, je travaille avec le deuxième groupe sur le montage: démarrage un peu difficile mais on va y arriver, avec beaucoup de patience (pour moi) et de persévérance (pour eux).

   Jeudi le 30, on me présente la première preuve de masques que j'ai commandés. Super, mais le prix demandé beaucoup moins super! J'explique à l'artisan que je ne suis pas une "touriste américaine pleine d'argent venue en vacances à Jérémie", on discute et le lendemain il me fait une autre proposition. La nuit a donc porté conseil. Là tout de suite, personne ne va être à l'heure pour la répétition, car il pleut " des chats et des chiens", "cats and dogs" comme disent les anglophones.

   Ah les joies des tropiques.

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   Vendredi 24 Octobre. Grand jour, je vais annoncer à tout le monde qui va faire partie des comédiens qui vont jouer dans la pièce de théâtre que je leur propose et qui va travailler sur un montage poétique.

   En effet ils sont 50 et comme je ne veux éliminer personne, je vais donc former trois groupes de travail. Deux de 12 comédiens chacun, pour travailler sur un même texte, il y aura donc deux versions de la même pièce de théâtre.

    Le 3 ème groupe comprenant tous ceux qui souhaitent continuer, pour travailler sur des poèmes de René Philoctète, un enfant du pays, disparu en 1995.

   Hier grande aventure, avec Patrick, qui dirige une petite groupe de danse traditionnelle, nous allons en moto au marché pour essayer d'acheter ce qu'il nous faut pour la pièce. Finalement, contre toute attente, je trouve un poste lecteur de CD et DVD, car celui qu'on m'a prêté à Port-au-Prince et qui devait nous servir ici, arrivait à lire 3 CD sur 20 et encore les jours pairs! Des sacs en jute, utilisés pour le transport de graines, vont servir pour fabriquer les tenues de base. Des "bobèches" très artisanales, petites lampes à pétrole en fer blanc serviront pour certaines scènes, mais dépanneront bien aussi les jour de "black out" (surtout en fin de mois) quand il n'y a pas d'électricité. Après avoir fouillé dans des piles de tissu je trouve enfin quelque chose qui fera l'affaire. Je mets un point d'honneur à ne rien faire venir de la Capitale pour leurs montrer qu'avec un peu d'imagination (et ils n'ont manquent pas!) on peut toujours se débrouiller avec les moyens du bord locaux!

   Aujourd'hui samedi nous avons fait du non-stop. Ce matin les premiers sont arrivés à 9h45 à la maison et nous avons terminé ce soir dans la salle à 20h.

   Le travail plus en profondeur a réellement commencé puisque maintenant il faut mettre les bouchées doubles, si on veut présenter un extrait de la pièce qui tienne la route, à la mi-Novembre. On sent bien qu'ils n'ont pas l'habitude de travailler ainsi, je veux dire avec une certaine discipline.

   Combien de fois dois-je intervenir avec ma petite phrase" maladie du siècle, maladie de la jeunesse!", inventée pour la circonstance, quand il s'agit de leur faire éteindre leur portable pendant les répétitions par exemple. Mais ils acceptent sans rechigner de répéter 10 fois la même phrase jusqu'à ce que "ça sorte". Avec Micaelle, venu de Port-au-Prince exprès pour participer à ce projet, nous avons sélectionné ensemble les musiques pour la pièce. Elle m'a trouvé quelqu'un qui va s'occuper de la couture. Comme elle chante très bien, c'est à elle que j'ai demandé de mettre en chanson certains passages.

   Aujourd'hui c'est notre vraie première journée de montage et on a bien avancé puisqu'on a "mis en place" les deux premières scènes.

   Un petit repas, prévu avec le "noyau dur" du groupe, est reporté à demain car tout le monde est fatigué. Mais demain Dimanche rebelote, nous répétons avec le même groupe matin et soir.

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   Aujourd'hui 21 Octobre. Après toute une série d'échanges téléphoniques entre Jérémie et la Capitale nous obtenons enfin une salle dans le Complexe Administratif.

   Elle est spacieuse et agréable et possède même une petite scène. On y travaille depuis vendredi 17 Octobre, les étudiants ont enfin la place et la possibilité de bouger, de chanter, de danser, de jouer.

   Bien qu'étant un lieu administratif, cette salle nous est attribuée même pendant le week-end. Seul petit hic: nous n'avons toujours pas de lumière, mais on nous la promise pour aujourd'hui!

   Ainsi depuis le début, puisque les horaires du travail sont tous les jours de 17H à 20H, nous terminons les répétitions en nous éclairant avec les téléphones portables!

   Le soir quand je rentre je n'ai plus de voix, comme ils sont très nombreux je suis obligée de parler fort et surtout de les calmer car ils "démarrent au 1/4 de tour" dès que la proposition d'un de leurs camarades les fait rire ou les étonne. Spontanéité!

   L'ambiance est très sympathique. Le niveau des participants, je ne dis pas comédiens, puisqu'ils ne le sont pas, est très hétéroclite. Certains ont des voix bien placées mais la prononciation et la diction en français laissent souvent à désirer, ce qui est un problème récurant en Haïti ou le créole est en fait la langue maternelle. Contrairement à se qu'on peut imaginer, sauf exceptions, ils ne sont pas très à l'aise dans leur corps, donc les échauffements et exercices de théâtre occupent pour l'instant une grande place lors de nos séances.

   Comme prévu, ceux de Port-au-Prince sont venus à Jérémie seulement pour le week-end, nous avons donc mis les bouchées doubles en travaillant également, samedi matin, dimanche matin et même lundi matin, mais cette fois-ci sur la terrasse de la maison.

   Heureusement ces derniers ont, pour la plupart, déjà fait un peu de théâtre.

   Venue à Jérémie pour monter une troupe de théâtre, je réalise que le chemin à parcourir va être long, ou plutôt intense car mon séjour ici, dans cette première étape du projet, est limité dans le temps.

   Il faut à tout prix que je mette en place, en parallèle, un programme de formation. C'est ce que je commence à réaliser pour construire quelque chose de solide et de durable afin que le projet ait un sens.

   A bientôt avec d'autres nouvelles.

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   Après une journée à attendre des rendez-vous, la soirée est bien riche. Rencontre avec M. Sernas, le Directeur de la Délégation, représentant du gouvernement ici pour le département de Grand'Anse dont Jérémie est la principale ville. Nous discutons pendant presque 2 heures sur le pays, la culture, les artistes et plus particulièrement sur le "désert" culturel ici dans cette ville qui fut pourtant longtemps la ville des poètes. Il est donc enthousiaste avec mes propositions. Et grâce à lui j'aurai, nous aurons accès à une belle grande salle en ville, au centre du Complexe Administratif.

   Mais je ne m'emballe pas, à voir, à vivre!

   Ensuite le président de l'Alliance Française m'invite à dîner au petit restaurant de celle-ci. Discussions bien sûr autour des difficultés à faire revivre l'Alliance après une longue période de flottement. Ils souhaitent également que je travaille là bas sur place.

   On est le 16 Octobre et dans un moment je vais animer mon 2ème ATELIER avec les étudiants de l'UNOGA. Combien seront-ils cette fois-ci?

   Ah nettement mieux : dans ce deuxième groupe ils ne sont qu'une vingtaine donc on peut travailler de manière plus intéressante. Toujours le même enthousiasme!

   Maintenant j'attends le week-end pour retrouver les étudiants qui reviennent de Port-au-Prince et qui vont se joindre à nous.

   J'ai déjà ma petite idée derrière la tête quant à la pièce que nous allons monter pour commencer. Mais je ne l'annonce pas encore!

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   Arrivée à Port-au-Prince le 10 Octobre au soir. Le lendemain redécouverte de cette ville que j'ai quittée il y a plus de 20 ans.

   Après avoir pris quelques contacts sur place, dont une belle rencontre, une « retrouvance » avec l'ami et écrivain Haïtien Lionel Trouillot, je me rends à Jérémie le 12.

   Six heures de route en voiture qui me permettent de découvrir de beaux paysages. Dès le premier soir, dans la maison de Maxime Roumer, neveu du grand poète Haïtien Emile Roumer, une première réunion avec des jeunes filles originaires de Jérémie.

   Bien qu'étudiant à Port-au-Prince, elles veulent à tout prix participer au projet de création d'une troupe de Théâtre à Jérémie que je leur propose.

   Le lendemain première visite à l’Université UNOGA où je passe dans les salles de cours afin de présenter le projet aux étudiants. Le même soir nouvelle réunion à la maison avec un groupe de garçons étudiants de Jérémie, on parle théâtre longtemps.

   Le 14, premier ATELIER de 2 heures à l'UNOGA, où se présentent une cinquantaine d’étudiants, beaucoup trop pour la salle qu'on nous a attribuée.

   Et c'est la plus grande! Mais l'enthousiasme est bien présent!

   Retour de l’Université sur la moto d'un étudiant. En arrivant j'ai l'air d'avoir 10 ans de plus tellement j'ai les cheveux blancs à cause de la poussière de la route.

   Aujourd'hui, 15 Octobre, rendez-vous prévu avec un responsable du Complexe Administratif, pour trouver une salle de répétition mais c'est sans compter avec la visite du Président qui mobilise tout le monde au dernier moment, donc rencontre reportée.

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Affiche

 
Les Enfants Fleuve

 

Les rescapés

 

Nuit entre rescapés et défunts

 

Nuit entre rescapés et défunts

 

Nuit entre rescapés et défunts

 

Nuit entre rescapés et défunts

 

L'accouchement